J’ai écrit au Président de la République (sur un coup de tête)

Monsieur le Président je vous fais une lettre
Si vous avez le temps vous la lirez peut-être
Je ne dis qu’en mon nom la peur de ma jeunesse
De ne pouvoir agir dans l’ultime détresse
Pendant quatre-vingts ans vous avez tout fait pour
Le changement que vous n’avez pas vu venir
Entendez-vous cela je n’ai pas l’avenir
Que vous me promettiez même pas un secours
Il fera trente-neuf degrés dès le matin
L’été sera trop chaud l’hiver pas assez frais
Le dernier jour approche et vous n’avez rien fait
Le dernier jour approche et vous ne faites rien
Je ne peux plus goûter aux plaisirs de l’amour
Puisque tout est perdu puisque tout va mourir
Dans mes poches trouées disparaissent les rires
Qu’Été voit s’envoler à la chute du jour
Je ne suis pas médium je le vois je le sens
Laissez-moi vous le dire Monsieur le Président
Le soleil est très bas déjà sur notre espèce
Il brille de mille feux et nous coupe les vivres
Sur la Terre qui nous permet encor de vivre
À la fin pour survivre ah nous aurons des pièces
Nous aurons des billets mais plus quoi acheter
Hé aimez-vous la Vie vous qui la détruisez
Est-il enviable d’être au printemps de sa vie
Et voir dans le fracas crever ses grands-parents
Se sentir déjà mort courir après le temps
Et espérer qu’un vote aura le poids promis
Qu’importe les lobbies et leurs prix alléchants
Eux ils ne pensent pas à nous nous leurs enfants
Pitié pitié aidez-moi aidez-nous
Le soleil nous attend il est déjà bien bas
Hin ne le laissez pas nous tomber dans les bras
Plutôt vivre en rampant que mourir à genoux
Monsieur le Président je vais m’arrêter là
Mais surtout s’il vous plaît aidez-nous aidez-moi

H. V. (pseudonyme choisi lui aussi sur un coup de tête, en référence à Victor Hugo.)

Un peu de musique classique (pour changer)

Connaissez-vous Bach, Mozart, Beethoven, Chopin ? Je suppose que oui, évidemment. Et Beach, Strozzi, Bonis, Chaminade ? Je ne m’attends pas spécialement à un oui de votre part, à moins que vous ne soyez mélomane ET féministe XD. Pourtant, ces femmes comptent parmi les compositrices les plus célèbres et les plus prolifiques de leur temps (par exemple, on attribue près de 200 opus à la Française Mel Bonis : voyez le catalogue de ses œuvres sur Wikipédia). Je nous propose donc de nous libérer de la vision masculiniste de l’histoire de la musique classique pour découvrir des œuvres de compositrices, beaucoup moins connues mais jamais moins brillantes.

Pour commencer, je vous suggère aujourd’hui d’écouter cette playlist d’études pour piano exclusivement composées par des femmes, concoctée par l’association française ComposHer (https://www.composher.com). Il y a du classique, du romantique et du moderne, avec notamment comme compositrices Louise Farrenc, Kate Loder, Agathe Backer-Grondahl, Cécile Chaminade, Clara Schumann (l’épouse de Robert) et plusieurs études de la Française Hélène de Montgeroult.

Bonne soirée !

Ode à ma dix-millième contribution sur Wikipédia

Cliquer sur Modifier, c’est si simple, et pourtant
Pour le savoir humain c’est un pas de géant.
À mon compteur, j’ai là dix mil contributions.
Ce bouton sur lequel j’ai cliqué dix mil fois,
Le bouton Publier les modifications,
Est robuste. À dire vrai, j’ai modifié pour moi
Mais aussi pour les autres, in fine. C’est génial !
Ça vaut bien des rollbacks contre deux, trois vandales.
Permettez que je cesse là ce flot d’anglicismes
Qui, une fois fini, certainement, sera
Une marque de mon wikipédiholisme
Nouvelle — mais passons, merci Wikipédia.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Le_Bistro/28_avril_2021#Dix_mille_contribs_pour_le_hérisson

Une prise sur la vie

Texte original : Romain Gandillet, A Grip On Life (2021)

Samedi, minuit. Je déambulais calmement dans les rues délabrées de la ville, marchant le long d’un canal abandonné. Les feuilles bruissaient doucement dans l’air frais, tel un murmure priant pour être entendu.

Les lampadaires éclairaient faiblement, projetant leurs tristes halos jaunâtres sur ce redoutable trottoir qui avait dû être foulé d’innombrables fois, encore et encore, l’usant, le fatiguant…

D’agréables parfums d’ambre — ce vieil ambre doux, rappelant les jours anciens — entraient dans mes narines et m’apaisaient sur le fond sombre de cette divine soirée d’été.

Je me sentais intouchable. Léger comme l’air. Serein. Ce fichu masque enlevé, je me sentais heureux, les mains dans les poches, en sweat à capuche, un sourire sur mon visage innocent et radieux.

Soudain, j’aperçus une mystérieuse silhouette. Là. Juste sous mes yeux. Cela brillait sinistrement et fixait ma peau. Alors que mon pouls s’accélérait, je réalisai petit à petit que l’ombre pouvait bondir sur moi à tout moment. Je restai figé. Juste là où j’étais. Entre la panique et la peur. Je n’avais pas d’autre choix que de faire demi-tour les jambes à mon cou. La créature commença à m’attaquer directement, de la tête aux épaules. Je commençai à me débattre, — à donner des coups de pied, — sans défense.

« Laisse-moi tranquille ! Chien ! Coquin ! » criai-je.

L’agression devint féroce. Bizarre. Sauvage. Intense. J’avais l’impression que le monstre déchirait mes vêtements à mains nues. Je n’avais aucune chance de m’échapper, car il revenait vers moi en courant dès que je m’éloignais de lui ne serait-ce que de quelques centimètres.

« À l’aide ! » criai-je de toute ma voix stridente en siphonnant tout l’air, le cœur et l’âme qui me restaient dans mes poumons fatigués.

Mon appel à la rescousse fut vain. Personne ne donna le moindre signe de vie. La seule chose que j’aurais finalement tirée de cette situation aurait été l’éventualité de me faire arrêter pour tapage nocturne.

« Hé, toi ! Mais qu’est-ce que tu crois faire ? Je ne viens pas de te dire de me laisser tranquille ? » marmonnai-je, face à face avec la chose, mes yeux dans les siens, en serrant les dents avec une expression que j’espérais menaçante, le regard furieux et les yeux grands ouverts.

Hélas, tous mes cris furent étouffés par l’air épais de la nuit. Un dernier coup de poing me heurta et me cloua au sol froid et rigide. J’avais l’impression que mon crâne fragile allait se fendre en deux. La souffrance allait inévitablement s’ensuivre.

Par chance, je ne ressentis rien.

La mystérieuse créature rit un peu dans ses moustaches. Elle semblait voir ma défaite comme une opportunité pour me voler quelque chose. Mon amulette était là, au fond de ma poche gauche. Cet objet était très précieux à mes yeux, car il avait appartenu à mon grand-père. La perdre aurait été l’une des pires choses qui me soient arrivées. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

«  H… Hé ! Non, attends ! C’est à moi ! Rends-la-moi ! »

Je me levai d’un bond du macadam frais et me mis à courir après le voleur. La poursuite dut servir de spectacle à tout le voisinage.

Je me suis retrouvé à courir. Je courais le long de la rivière. À un rythme rapide, en fait, aussi vite que mes petites jambes robustes pouvaient me porter. Mon souffle se coupa rapidement.

Le voleur avait beaucoup d’avance sur moi. Je ne pouvais pas le rattraper. Je ne pouvais tout simplement pas.

Puis, pour une raison qui m’échappait, l’ignoble bête prit mon amulette pour un simple déchet et la jeta dans la rivière. Comme si c’était une bonne idée. J’avais perdu l’une des choses les plus précieuses que je connaisse. Pour de vrai, cette fois. Un choix fatidique se présenta à moi. Voudrais-je m’arrêter là ? Ou être courageux, et tenter d’aller chercher cette maudite amulette en bas ?

Je ne pris pas beaucoup de temps à me décider. Les paumes en avant, je me préparai à plonger de haut. Trois, deux, un, c’est parti ! Je plongeai dans l’eau bleu-verdâtre, à l’apparence toxique. Au contact du fluide trouble, je faillis percuter le lit de roches, mais sitôt après je me mis à la recherche de l’artefact perdu. Je savais… Je savais qu’il était quelque part au fond, parmi les minéraux moussus. Le méchant me regardait d’un air mauvais et interrogateur. Je lui répondis d’un regard perplexe.

Après plusieurs longues minutes de recherches infructueuses, mon pied droit buta sur quelque chose de métallique et de plastique. Il était rond au toucher. C’était bien mon amulette. Je l’attrapai et la repêchai par mes orteils. Au moins, ils auront été utiles à quelque chose.

Hourra !

Le méchant dit d’en haut avec force et fierté :

« Alors, tu as trouvé ton stupide joujou, hein ? »

Après avoir roulé des yeux tout en souriant d’un air menaçant, il conclut simplement :

« Bonne nuit, loser. Ne laisse pas les punaises des lits te piquer ! »

L’ombre s’éloigna avec un rire moqueur et gras.

Je me suis souri poliment mais avec fausseté, comme pour concilier le côté sarcastique et cruel de ce qui venait de se passer.

Je me suis retrouvé complètement trempé. De la tête aux pieds. J’étais non seulement couvert de crasse, mais j’avais aussi l’esprit très confus par tous ces événements. Je n’arrivais pas à croire tout ce qui avait dû m’arriver.

Je venais de me rendre compte que, parfois, quoi qu’il arrive, peu importe à quel point on veut quelque chose dans la vie, celle-ci trouve le moyen de nous bousiller. Peut-on toujours être sûr d’avoir… une prise sur la vie ?

Je laissai échapper un court soupir fatigué.

Zut. Rentrons à la maison. Prenons un bain. Toi — derrière les pages — et moi.

Chantons sous la pandémie

Musique d’Oldelaf / Paroles de moi

Pour vous accompagner : youtube.com/watch?v=5elG6sKNc_4

La pandémie
C’est quand à la télé, à 20 heures, y a Macron
C’est quand t’as ton masque mais pas ton attestation
C’est quand t’es positif juste en sortant d’l’avion
Et ça t’fait attendre, longtemps

La pandémie
C’est quand tu n’peux pas mettre un pied à l’extérieur
Du coup ça fait des mois qu’t’es pas allé chez l’coiffeur
Limite pour un rhume, on t’met sous respirateur
Et ça fait bim, bam, boum

La pandémie
C’est moi, c’est toi
C’est nous, c’est quoi
C’est un virus qu’tout l’monde attrape, ça fout l’bordel
La pandémie
C’est hmmm, c’est ouuuh
C’est eux, c’est vous
C’est Macron qui te dit que ça n’va pas du tout

La pandémie
C’est quand t’as fait beaucoup trop d’réserves de PQ
C’est quand t’as ton bac S en contrôle continu
C’est quand les restaurateurs descendent dans la rue
Et ça fait pas très organisé, tout ça

La pandémie
Quand tu veux sortir marcher un peu, tu dois faire vite
C’est quand à force d’être sur l’ordi, tu d’viens presbyte
C’est quand tu parles de janvier comme de 2008
Et ça t’fait un bon coup de vieux

La pandémie
C’est moi, c’est toi
C’est nous, c’est quoi
C’est un virus qu’tout l’monde attrape, ça fout l’bordel
La pandémie
C’est hmmm, c’est ouuuh
C’est eux, c’est vous
C’est Macron qui te dit que ça n’va pas du tout

La pandémie
C’est quand tu n’peux plus faire de soirée entre potes
Et que t’as plus de quota d’sommeil qu’une marmotte
C’est quand tous tes projets sont réduits en compote
Et c’est pas top

La pandémie
Ça arrive au moment où tu entres en prépa
Alors qu’tu sais qu’tu n’pourras pas la faire deux fois
C’est la fin d’ma chanson, je vais m’arrêter là
Et ça fait un peu court, mais bon

La pandémie
C’est moi, c’est toi
C’est nous, c’est quoi
C’est un virus qu’tout l’monde attrape, ça fout l’bordel
La pandémie
C’est hmmm, c’est ouuuh
C’est eux, c’est vous
C’est Macron qui te dit que ça n’va pas du tout

La pandémie
C’est moi, c’est toi
C’est l’corona
C’est un virus qu’tout l’monde attrape, ça fout l’bordel
La pandémie
C’est hmmm, c’est ouuuh
C’est, euh… c’est fou
C’est Macron qui te dit que ça n’va pas du tout

[Slam]

Bah oui, la pandémie, ce n’est pas très rigolo quand même

On a beau ne plus devoir se lever tôt et se coller dans les transports en commun pour travailler, déjà ce n’est pas tout le temps le cas et en plus on perd facilement le contact avec la vie réelle en étant devant un ordi 24 heures sur 24

Mais bon, on sait que toutes ces mesures sont prises pour la sécurité des plus fragiles, on ne flingue pas l’économie mondiale pour le plaisir, hein

En tout cas le plus important dans cette période inédite c’est de se serrer les coudes, pour une fois qu’on a l’occasion d’être des héros et des héroïnes dans une Europe qui n’a pas connu de guerre mondiale depuis 70 ans on ne va pas passer à côté de ça

Et ensuite il serait temps de réfléchir à des alternatives écologiques pour prendre plus soin de notre écosystème et ainsi éviter de nouvelles catastrophes comme celle-ci

Mais bon pour l’instant… c’est quand même bien énervant cette histoire.

Je suis sur free-scores.com

Sur ce site, vous pouvez écouter mes audios et télécharger mes partitions, le tout gratuitement (je mets toutes mes œuvres à la disposition des internautes selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution – Pas de Partage Commercial – Pas de Modification 4.0, à l’exception de mes bandes originales que je mets sous ©).

Introduction à la musique dans la Grèce antique

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Cette étude est mise à disposition selon les termes
de la Licence Creative Commons Attribution 3.0 France.

Introduction :

Bien que la musique existe depuis la Préhistoire, avec des instruments rudimentaires fabriqués à partir de matériaux naturels, ce sont les Grecs et les Mésopotamiens qui ont eu les premiers l’idée d’écrire la musique, par le biais de partitions mais aussi de descriptifs théoriques. Cela nous a permis de reproduire une partie des chants composés dans l’Antiquité. En dernier lieu, nous essaierons de comprendre pourquoi la musique antique sonne si différemment de celle d’aujourd’hui. Mais avant, intéressons-nous quelques minutes, si vous le voulez bien, à la manière dont la musique était enseignée en Grèce une vingtaine de siècles avant notre naissance.

I° L’enseignement de la musique dans la Grèce antique

Contrairement à la plupart des idées reçues, l’éducation des Grecs était artistique avant d’être scientifique, et en matière d’art, les jeunes Grecs apprenaient en premier la musique avant de se consacrer à la poésie, la sculpture ou l’architecture. Au fait…

Dis-moi, mon vieux Platon, qu’est-ce que tu en dis, toi, de la musique ?

« Hé bien, c’est très simple : tu veux que je te dise ? La musique est une loi morale. »

Ah bon ? Tant que ça ?

« Mais oui ! C’est bien la musique qui donne une âme à nos cœurs, des ailes à la pensée, un essor à l’imagination. Elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie — à toute chose ! Et puis, elle est l’essence du temps, et s’élève à tout ce qui est de forme invisible, mais cependant éblouissante et passionnément éternelle. » @Platonofficiel, #musique, #trop génial, #trop cool.

Ainsi, les cours de musique étaient obligatoires pour les citoyens athéniens de plus de 13 ans. Ceux qui ne connaissaient rien en solfège étaient qualifiés soit d’esclaves, soit d’ignares. On y apprenait à chanter et à jouer de la lyre, une sorte de petite harpe que l’on tenait dans les mains. Vous avez sans doute déjà vu des lyres peintes sur certains vases grecs auparavant.

Pourtant, cet enseignement global n’avait pas pour objectif de former de grands musiciens ; l’apprentissage de la cithare, instrument ressemblant à la lyre mais plus élaboré, et ainsi considéré comme « professionnel », était réservé à ceux qui souhaitaient se lancer dans une carrière musicale. Ceux-ci recevaient un enseignement très différent : le plus souvent, la musique se transmettait de père en fils. Si aucun de ses ascendants n’était professionnel de la musique, l’adolescent pouvait faire appel à un maître, mais les cours particuliers de haut niveau étaient très coûteux.

Les musiciens professionnels jouaient dans des concerts et à l’occasion de fêtes et de cérémonies religieuses. On sait cela depuis que l’on a retrouvé les partitions de deux hymnes delphiques dédiés à Apollon. Cette divinité n’est pas choisie au hasard, souvenez-vous : le principal attribut d’Apollon est… la lyre !

II° Les instruments

Déjà dans l’Antiquité, on dénombrait une multitude d’instruments de musique.

Dans la famille des cordes, les instruments les plus communs étaient la lyre (dont on a déjà parlé plus haut), le barbiton (une « grosse lyre » qui produisait des sons plus graves), mais aussi la cithare, le phorminx utilisé par les aèdes, l’épigonion, le trigone et la pandoura.

Du côté des instruments à vent, le plus populaire était une flûte à deux tuyaux qu’on appelait « aulos ». Réservé comme la cithare aux musiciens professionnels, l’aulos était employé dans les banquets, les funérailles et les sacrifices, mais il était aussi bien utilisé pour rythmer les pas ou les mouvements de rame dans l’armée. Cet instrument cohabitait avec d’autres outils plus primitifs, comme la kéras qui était en fait… une simple corne de bouc, ou le kohlos, aussi appelé « conque », qui était un coquillage. Enfin, il existait aussi le syrinx, le salpinx et l’hydraulos. Pour vous donner une idée de ce à quoi ces instruments ressemblaient, le syrinx est à la flûte de Pan ce que le salpinx est à la trompette. L’hydraulos est, comme les mordus d’étymologie l’auront deviné, un orgue hydraulique, en fait le premier orgue de l’histoire, qui a été inventé par Ctésibios au IIIe siècle avant Jésus-Christ.

Avant de clore cette partie, passage obligé par les percussions pour marquer le rythme des chants. Les cymbales sont encore utilisés de nos jours dans les orchestres. Il y avait aussi les crotales (oui, oui, comme les serpents), le tympanon qui a évolué pour devenir le tambourin, et enfin, le sistre.

III° La notation et les premières partitions

Malgré une écriture musicale abondante pour l’époque, seulement une soixantaine de partitions datant de la Grèce antique ont été retrouvées. La plus ancienne ayant été découverte est l’épitaphe de Seikilos ; on pense qu’elle a été écrite entre le Ier et le IIe siècle de notre ère. Ainsi, dès les premières découvertes de partitions de musique antique sur des papyrus, des tombeaux ou des colonnes, on a tenté de reconstituer tous ces chants. Parmi les nombreux acteurs de ces retranscriptions contemporaines, l’ensemble de musique Kérylos fondé par Annie Bélis est le plus connu.

Pour écrire la musique, les Grecs faisaient habituellement usage du système pythagoricien (car oui, Pythagore, grand savant de l’époque, est aussi connu pour avoir découvert les lois de l’harmonique). Les gammes chromatiques ne comptaient pas 12 notes comme aujourd’hui, mais 24 ; cela leur permettait de produire des sons intermédiaires, par exemple entre le do et le do dièse.

Pour la partie chantée, chaque note était représentée par une lettre grecque inscrite au dessus des paroles, puisqu’il y avait 24 notes et que l’alphabet grec comptait… 24 lettres, merci beaucoup, c’était dur, hein ? Le rythme était représenté par des points et des traits au dessus des notes, un trait (une « longue ») équivalant à deux points (« brèves »).

Dans l’Antiquité comme de nos jours, les différentes façons de construire une gamme sont appelées « modes ». Les « modes » sont toujours employés aujourd’hui, mais à l’époque, ceux-ci avaient prétendument des effets bien précis sur l’âme ; c’est ce que l’on nommait l’« éthos spirituel ». Ainsi, le mode dorien était austère, l’hypodorien fier et joyeux, l’ionien voluptueux, et cetera.

Avant le XVe siècle, on préférait employer les octaves, les quintes et les quartes, car les tierces majeures sonnaient faux pour des raisons scientifiques. À cela, on enlevait aussi la quinte la bémol – mi bémol qui était généralement la quinte dite « du loup » et qui sonnait faux pour les mêmes raisons. Ainsi, on avait une gamme juste mais incomplète, et cela restreignait, en quelque sorte, les libertés des compositeurs. La musique n’était donc pas très variée en ces temps de découvertes ; c’est pourquoi l’on entend souvent les mêmes notes dans différents morceaux de cette ère.

La culture musicale grecque aura existé jusqu’à l’arrivée des Romains en Orient.

IV° Bibliographie / sitographie

Une vidéo de présentation générale de la musique dans la Grèce antique a été tournée par Marc Tairraz, chef d’orchestre et professeur de violon : à voir sur youtu.be/2yHobEqUEGs.

Pour la première partie sur l’enseignement musical, ma principale source est une vidéo sur l’histoire de la musique réalisée par Megan Borelli (lien direct : youtu.be/YTARtoj5D8c).

Une liste très complète des instruments de musique utilisés dans la Grèce antique m’a été fournie par cet article de blog : actu-histoireantique.over-blog.com/page-4174307.html.

Pour découvrir comment les Grecs écrivaient la musique, cet article de Claire Tuan (lespierresquiparlent.free.fr/hymneAthenaios.html) m’a été d’une très grande aide.

Je vous invite fortement à consulter le site officiel du groupe Kérylos, kerylos.fr.

Pour approfondir sur le lien entre les sciences et la musique avant le XVe siècle (et après), voir cette vidéo de David Louapre (de la chaîne YouTube « Science étonnante ») en collaboration avec Vled Tapas : youtu.be/cTYvCpLRwao.

Merci de m’avoir lu si assidûment !

N’hésitez pas à me poser des questions si vous le souhaitez.

Écouter le podcast au format MP3

Je suis seul ce soir

Chanson écrite et composée par moi (les paroles datent de 2017 et la musique de 2018), qui est ici magnifiquement interprétée par le jeune et talentueux compositeur Romain Gandillet, très actif sur MuseScore.

L’audio officiel

La partition

(Laissez un commentaire sous cet article si vous souhaitez recevoir les parties séparées)

Je suis seul ce soir (I am alone tonight) by romain_gandillet