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Poésie de vacances

La toilette

Face au miroir de sa chambrée,
Une femme fait sa toilette :
Dispose d’abord ses lunettes
Sur son front vif et coloré.

Ensuite, elle enfile une robe
Et puis dispose sur ses lobes
Deux charmantes boucles d’oreilles.
Devant sa glace, elle s’émerveille.

Elle poursuit par sa parure
Pour rehausser sa beauté pure :
De jolies perles de culture,
Prête à partir pour l’aventure,
Une bague ornée de diamants
Pour compléter son chapeau blanc.

Pour terminer – car il est tard
Et son mari l’attend au bar – ,
Sur le globe de ses yeux noirs,
Elle dépose un plaisant fard ;
Puis elle ferme les paupières
Pour chasser le froid de l’hiver.

L’amour fait-il notre bonheur ?

Trouvons, en l’amour, le bonheur,
Ce sentiment d’être à toute heure
Enivré par une liqueur
Cédée par notre esprit rêveur
Qui désormais jamais ne pleure
Comme un arbre, un saule pleureur,
Sur la berge, près des rameurs.

Toutes les civilisations
Exécutent cette mission –
Celle de s’adorer sans cesse
Et profiter de cette ivresse.

Cependant, seule une partie
Respecte les ardeurs amies
De tous leurs bons individus,
Une fois leur charme mis à nu.

A tout moment et en tout lieu,
Ils se rencontrent, deux par deux,
Selon leurs liens et leurs attraits.
Là, Cupidon tire un long trait
Qui, dès lors, allume un grand feu
Qui unit les deux amoureux.

Si cet amour est passionné
Et s’ils peuvent se supporter,
Les amants décident alors
De s’adorer jusqu’à la mort.

A l’unisson, leur cœur fourmille.
Puis, ils fondent une famille.
Ils vont sur le même chemin
Et prennent leur destin en main.

La la land, Damien Chazelle (2016)

Bonjour à tous !

En décembre dernier, je suis sorti au cinéma avec ma famille, un peu comme d’habitude, et je ne m’attendais pas à voir quelque chose de particulièrement extraordinaire. Au bout de deux heures de projection, quand je suis sorti de la salle, j’étais littéralement ébloui. En fait, j’étais tombé sur ça :

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La La Land est un film musical américain écrit et réalisé par Damien Chazelle, mis en musique par Justin Hurwitz et interprété par Ryan Gosling et Emma Stone. Il est sorti en décembre 2016 aux États-Unis et en janvier 2017 en France. Présenté en ouverture de la Mostra de Venise en août 2016, le film remporte un succès critique. Emma Stone, l’actrice principale, obtient quant à elle la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine. En janvier 2017, lors de la 74e cérémonie des Golden Globes, La La Land reçoit un record historique de sept récompenses, avant de recevoir quatorze nominations pour les Oscars 2017, égalant ainsi le record historique de Ève et de Titanic. Il remporte six des statuettes, dont celles du Meilleur Réalisateur pour Damien Chazelle et de la Meilleure Actrice pour Emma Stone, ainsi qu’une double consécration pour le compositeur Justin Hurwitz.
(fr.wikipedia.org/wiki/La_La_Land_(film))

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Les grandes lignes

Cette comédie romantique, que j’ai vu il y a un mois déjà, se résume au schéma suivant : féérie (rencontre amoureuse) -> réalisme (déception). Vous avez compris que je pense un peu au Grand Meaulnes. Cependant, le titre et l’affiche semblent plutôt accentuer le côté onirique de l’intrigue : « un titre simple comme les premiers mots d’une chanson fredonnée, un titre qui dit tout sans besoin de traduction et qui laisse deviner avec malice les milles et une couleurs d’un feu d’artifice en cinémascope et en technicolor. […] La course sera éblouissante et le voyage digne d’un aller-retour sur la lune », décrit le cinéma Utopia de Montpellier. (cinemas-utopia.org/montpellier/index.php?id=2059&mode=film)

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Les références aux comédies musicales hollywoodiennes

J’ai beaucoup aimé ce film empli de clins d’œil amicaux à toute la clique de la comédie musicale hollywoodienne, de l’après-guerre aux années 70. La fin est assez surprenante car elle révèle le message principal du film, et affaiblit le rêve américain de « réaliser ses rêves à tout prix »…

On peut remarquer qu’un grand travail a été fait sur l’élaboration de la musique ; le compositeur passe de la joie de vivre (Another Day of Sun) à la mélancolie pure et simple (Mia and Sebastian’s Theme) avec une virtuosité remarquable. A noter également, un gros travail qui a dû être consacré à la réalisation des costumes, dans l’ambiance folle des années… folles. Au fait, nous ne pourrons jamais déterminer l’époque précise dans laquelle se déroule l’action, car les vêtements et véhicules des Trente Glorieuses font anachronisme avec la présence de smartphones et de caméras numériques par exemple.

D’autre part, j’ai apprécié l’aspect artisanal du montage et des techniques de prises de vues tendant vers l’expression d’une référence générale englobant tout le film. La caméra est généralement portée à l’épaule, et là où le réalisateur aurait dû faire des raccords pour nous montrer une scène en deux parties séparées par un angle de 180°, eh bien non, il décide de faire tourner la caméra à toute vitesse pour osciller entre les deux lieux de l’action. Chazelle, pour faire une énième référence, ne peut pas s’empêcher d’ajouter à un montage « classique » (découpages nets ou fondus), des fins de scènes où un rond apparaît au centre de l’image et, diminuant de taille, englobe les visages des deux amants.

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Les choix des couleurs

« Les couleurs [aussi sont] là pour nous raconter une histoire », ajoute Lola pour Joffre en page. « Au fur et à mesure du film, elles évoluent vers des tons plus ternes, plus « normaux », comme pour illustrer la désillusion des personnages et la transition du fantasme à la réalité. » (www.clemi.fr/fileadmin/user_upload/revuedepresse2017-lycees/RPL17_JOFFRE_EN_PAGE_4_119.pdf)

Si vous avez du temps libre, je vous conseille de regarder la vidéo du Fossoyeur de Films sur ce sujet :

La performance des deux acteurs principaux

Pour les acteurs, il s’agit d’une belle performance artistique, puisqu’ils ont dû apprendre à danser et à chanter spécialement pour La la land ; bravo Emma, bravo Ryan, vous avez fait du bon boulot. Même si quelques imperfections sont parfois décelables, le résultat est tout de même époustouflant. Une prestation en duo qui doit être vue !

Photogramme de La la land. Planetarium (1)
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Un message qui évolue tout au long du film

Pendant tout le film, les deux personnages centraux sont confrontés à un véritable dilemme : ils se trouvent peu à peu obligés de choisir entre vivre leur rêve et rester ensemble, même si ces deux solutions semblent conciliables au début du film. Le scénario traduit donc un réalisme glaçant qui se cache derrière ces idéaux de liberté absolue ; de ce fait, le film attaque avec beaucoup de tact et de lucidité un choix pris par énormément de gens depuis des millénaires. Malgré une longueur qui peut être parfois un peu ennuyante (Epilogue), je vous recommande donc vivement ce tout nouveau « chef-d’œuvre » du septième art américain.

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Le Grand Meaulnes

Bonjour,
Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un roman que j’ai lu il y a quelque temps déjà, mais qui restera sans aucun doute éternellement dans ma mémoire, car je l’ai aussitôt placé en première position dans ma liste de coups de cœur littéraires.

Pour vous mettre dans le contexte, en voici un résumé :
Le narrateur s’appelle François Seurel, mais il ne s’agit en aucun cas du héros du roman. Il se contente de relater l’histoire d’Augustin Meaulnes, son ancien camarade de classe devenu son ami. François Seurel et Augustin Meaulnes sont tous deux écoliers dans un petit village de Sologne près de Vierzon. Lors d’une escapade, Augustin Meaulnes arrive par hasard dans un domaine mystérieux où se déroule une fête étrange et poétique, pleine d’enfants. Le château est bruissant de jeux, de danses et de mascarades. Meaulnes apprend que cette fête est donnée à l’occasion des noces de Frantz de Galais. Parmi les festivités, des promenades en barque sur un lac sont offertes aux convives ; Meaulnes y rencontre une jeune fille, Yvonne de Galais, qui n’est autre que la sœur de Frantz de Galais. Il tombe instantanément amoureux d’elle, mais ne fait que la croiser plusieurs fois et n’a plus l’occasion de la revoir. La fiancée de Frantz tant attendue, Valentine Blondeau, s’est enfuie, le mariage n’a finalement pas lieu et la fête prend tristement fin.
Revenu à sa vie d’écolier, Meaulnes n’a plus qu’une idée en tête : retrouver le domaine mystérieux et la jeune femme dont il est tombé amoureux. Ses recherches restent infructueuses. Les deux garçons font la connaissance d’un bohémien qui leur avoue être Frantz de Galais et leur donne un plan qui leur permettrait de retourner au domaine mystérieux. Aussi Frantz fait-il promettre à Augustin de retrouver et faire revenir sa fiancée disparue…

Ce que j’ai envie de vous dire tout de suite, c’est que j’ai adoré ce livre. Mais il faut quand même que je me justifie.

Tout d’abord, j’aimerais dire qu’il s’agit d’un roman d’adolescents. Ce livre peut vous (re)plonger dans vos années de collège, et je pense vous identifier à l’histoire. C’est en tout cas ce qui m’est arrivé et j’imagine que c’est un peu pour cela que j’ai aimé ce roman. Les événements paraissent certes complètement improbables, mais mes rêves d’adolescent expriment exactement la même histoire. Ces rêves, d’amour par exemple, dont on s’enivre et dans lesquels on s’idéalise durant notre jeunesse, ces mêmes rêves qui construisent notre personnalité à l’heure des grands changements (puberté, etc.), m’assaillaient déjà avant de lire ce roman. Ce dernier m’a donc conforté dans la probabilité de ces rêves bizarres ; il venait de me prouver que ces points de perfection, cet équilibre entre amour et amitié peuvent réellement exister.

L’intrigue de ce roman tourne autour des sentiments amoureux. En effet, nous avons en premier plan la relation entre Augustin Meaulnes et Yvonne de Galais, mais aussi en second plan celle entre Frantz de Galais et Valentine Blondeau. Les deux couples se ressemblent beaucoup, car ils se sont tous rencontrés un jour et ont du mal à se retrouver, et personne n’oublie l’autre tant désiré dans sa quête. Personnellement, j’aime bien les romans d’amour, donc pourquoi pas celui-ci ?

De plus, l’histoire vacille d’après moi entre le réalisme et le merveilleux. Le décor féerique du domaine mystérieux où se sont rencontrés Augustin et Yvonne, ce décor même que je bâtissais avec mon imaginaire en lisant l’épisode de la rencontre, m’offrait un sentiment indescriptible, disons de joie, de mystère, de féerie et de mélancolie. En outre, le hasard fait bien les choses dans ce roman ; il fait retrouver par hasard Meaulnes et Yvonne, Meaulnes et Valentine alors que tout semble perdu à jamais. Or la vie réelle l’emporte à la fin, un peu comme dans La la land, mais je ne vais pas vous dire pourquoi sinon je vais vous le « spoiler », et je n’en ai pas du tout envie, puisque mon intérêt est dans le fait que vous lisiez ce livre.

Enfin, ce qui m’a le plus touché dans ce livre, c’est le style d’écriture, raffiné, poétique et précis, qui plante les décors oniriques de l’histoire, et qui reflète à merveille les émotions des personnages. Il s’agit du style exact que j’aimerais utiliser dans mes rédactions en cours de français. Je pense que l’on s’identifie bien aux personnages en partie grâce à cela.

Voilà, tout cela pour vous dire que c’est mon livre préféré et que je le relirais volontiers, avec les mêmes émotions et les mêmes passions que lorsque je le lus pour la première fois. Même s’il manqua de peu le prix Goncourt, il a été classé 9e dans la liste des cent livres du siècle et je trouve que ce n’est plutôt pas mal pour un écrivain de 25 ans seulement.

Pour aller plus loin (si ça vous intéresse) : comparaison de textes

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